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RÉSULTATS DES EXAMENS 2020

Éditorial 

« Le Petit Prince est un élève de Beaupeyrat »                             

Pour cet édito si particulier, puisque rédigé à la veille de la reprise des cours en 6ème-5ème et à la fin de cette période un peu surréaliste du confinement, j’ai imaginé que Le Petit Prince était un élève de Beaupeyrat…

Et, bien sûr, puisque nous étions aux premiers jours du déconfinement et avant de revenir à l’école, il décida, profitant d’une migration d’oiseaux sauvages revenus en force depuis que l’homme avait un peu disparu de la nature, de visiter quelques planètes.

Il commença par un astéroïde qui était habité par une drôle de dame. Cette drôle de dame avait trois téléphones portables, un gros téléphone à fil comme avant et deux ordinateurs et elle donnait sans cesse des ordres. Le Petit Prince s’étonna que la drôle de dame pût donner tous ces ordres et elle lui répondit : « c’est vrai mais j’essaye toujours de ne donner que des ordres raisonnables ». Alors le Petit Prince lui demanda si toutes les drôles de dames donnaient des ordres raisonnables… et la drôle de dame lui répondit qu’elle n’en savait rien mais que si elle avait connu sur son astéroïde la même situation que celle que vivait la Terre, elle aurait peut-être eu du mal à définir le raisonnable… le Petit Prince la quitta en se disant « c’est drôle, elle ressemble à ma directrice… »

Sur la planète suivante, il rencontra un étrange monsieur qui avec un porte-voix criait des consignes : consigne n°1, consigne n°2…Quand le Petit Prince osa l’interrompre, il en était à la consigne 26. « Pourquoi criez-vous ces consignes ? Personne ne les entend ?

– C’est mon métier… attention la consigne 27 annule et remplace la consigne 26…

– Mais c’est absurde répondit le Petit Prince en riant.

– Pas sur ma planète, mais sur la tienne ça le serait sûrement n’est-ce pas ? »

Ensuite il alla sur la planète du businessman, un monsieur qui n’arrêtait pas de compter les étoiles. Alors le Petit Prince lui demanda : « à quoi ça sert de compter les étoiles ? Elles ne sont pas à toi. » Et le businessman lui répondit que sur la planète Terre il y avait aussi plein de gens qui passaient leur vie à compter un argent qui n’était pas à eux ou à dépenser un argent qu’ils n’avaient pas. Et le Petit Prince se dit que lorsqu’il serait grand il ferait bon usage de cette parole qui incitait au partage…

Ensuite il arriva sur une planète très curieuse : il n’y avait qu’une seule maison et sur la terrasse de celle-ci une dame faisait sonner une cloche et applaudissait. Le Petit Prince lui demanda pourquoi elle faisait sonner cette cloche et la dame répondit que c’était pour faire écho au son des clochers sur les autres planètes mais que sur la sienne, l’église ne sonnait plus… Alors il lui demanda qui elle applaudissait puisqu’elle était toute seule et elle répondit que même seule on pouvait s’associer aux applaudissements du monde comme vous le faites sur votre Terre pour remercier les gens qui soignent. Et elle se remit à sonner la cloche et à applaudir.  Et le Petit Prince se joignit à elle et il se disait que, en revenant sur la Terre, il applaudirait aussi ceux qui enseignent, ceux qui éduquent, ceux qui prient pour nous tous, il applaudirait ses parents et puis il s’applaudirait aussi un petit peu pour avoir continué à bien travailler alors qu’il ne pouvait plus aller à Beaupeyrat.

Et tout à coup, il eut très envie de rentrer, d’autant plus qu’on lui avait bien dit que, malgré le déconfinement, il ne fallait pas trop s’éloigner.

Il retourna donc sur la « planète Beaupeyrat» et, là, dans le cloître, il rencontra un écureuil qui y avait élu domicile et qui, par son pelage, ressemblait un peu au renard de l’histoire de son ami Antoine. Et l’écureuil lui glissa dans le creux de l’oreille : l’essentiel n’est pas à qui tu ressembles, l’essentiel est qui tu es. Alors le Petit Prince se rappela ce que lui avait dit le renard : « l’essentiel est invisible pour les yeux, on ne voit bien qu’avec le cœur ».

Enfin, il revint voir sa rose préférée, celle qui trônait au pied de la statue de Ste Jeanne De Lestonnac. Et comme il se penchait vers elle pour en humer le parfum délicat, elle lui murmura : «n’ait pas peur de ce qu’il adviendra, pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible… ».

Alors, il alla s’asseoir sur un banc, dans le calme de ce cloître encore désert et, le sourire aux lèvres, il attendit que l’école s’ouvre à nouveau à la vie….

Fabienne BERTHE

Chef d’établissement 2nd degré coordinatrice